Mon très cher roi,
Il y a déjà
deux ans de ça, j’ai renvoyé mon pâtissier. Vous vous demandez peut-être
pourquoi ?
Tout
simplement, parce que comme vous, il s’attelait à respecter des traditions
ennuyeuses .
J’entends
par cela qu’il pensait qu’une galette était nécessairement une pâte bien
grasse, et une frangipane bien grasse sentant le beurre (par ailleurs ni frais
ni cru le plus souvent…) .
La fête s’accompagnant d’un champagne pour fêter la
nouvelle année, mon ventre criait « ah crise de foie, je te vois, ah crise
de foie, tu as eu raison de moi ! »
Alors oui,
sans pitié, je l’ai abandonné, trompé et trahi car il n’y avait pas de raison
de rompre avec mon autre cuisinière nommée gourmandise ! et son commis
appelé « santé » au petit surnom « digestion douce »…
Et que
viens-je d’apprendre aujourd’hui ? Vous venez de ré-embaucher le dit
pâtissier renvoyé à l’occasion de votre fête bien nommée « Galette des
rois » ? J’ai essayé de vous interpeller sur ce sujet et la seule
réponse que j’ai pu obtenir est « Madame, il s’agit d’une fête masculine
de toutes les façons, et elle a pour maître le roi ! »
